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14/03/2012

STEVE MANDANDA, HEROS MALHEUREUX.

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Mandanda dans tous ses états 

Un grand match, une grande joie, une immense frustration. Voilà résumée la soirée de Steve Mandanda à San Siro. Remarquable dans son but, le gardien de l'OM a largement contribué à la qualification de son équipe face à l'Inter. Mais, expulsé en fin de match, il manquera au moins le quart aller. 

C'était son soir. Peut-être un des plus grands matches de sa carrière. Dans un écrin de prestige, lors d'une rencontre capitale, face à un adversaire de renom. Bref, ça aurait dû être un moment de grand bonheur. Au final, pour Steve Mandanda, cette qualification à San Siro face à l'Inter gardera un goût très amer. Le goût de la frustration, avec cette expulsion à l'ultime minute qui, si elle n'a pas privé l'OM de son quart de finale, va l'en priver lui. Au vu de son match, c'est peu dire qu'il ne méritait pas un tel dénouement.

Dans le vestiaire marseillais, au milieu des cris de joie et de l'euphorie ambiante, le gardien phocéen avait du mal à surmonter sa peine. "Il était très abattu et dépité, témoigneDidier Deschamps. Je crois que sa déception personnelle a pris le pas sur la joie collective et c'est compréhensible". Un peu plus tôt, juste après son expulsion, Mandanda avait déjà eu du mal à retenir ses larmes en quittant la pelouse. Mais un peu plus tard, après une bonne douche et un tout petit peu de recul, il a réussi à prendre sur lui. "Est-ce que je suis heureux ou triste? C'est du 75/25. Les 10 premières minutes qui ont suivi le carton, j'étais dans la déception, car je savais que j'allais rater le prochain match. Mais ce qui prime, c'est la qualification."

Deschamps: "Sans lui, on ne passait pas"

Et cette qualification, c'est aussi, très largement la sienne. Mandanda n'a pas eu 50 arrêts à effectuer dans la soirée. Mais, comme tous les grands gardiens, il a été là quand il le fallait. Sa double parade devant Sneijder et Milito, en l'espace de deux minutes, en tout début de rencontre, ont pesé lourd. Deux arrêts à bout portant, deux parades gigantesques. "Sur le premier arrêt, raconte-t-il, je suis par terre et je vois Sneijder alors je me jette vers mon but. J'ai un peu de réussite. Sur le second, je reste debout aussi longtemps que je peux. Quand Milito reprend, j'ai ce réflexe de la main gauche qui me permet de sortir le ballon. Tout va très vite dans ces cas-là. J'ai aussi beaucoup de réussite."

Si l'Inter avait trouvé l'ouverture sur une de ces deux actions, le match n'aurait sans doute pas été le même. Par ce double exploit, le portier marseillais a éteint l'incendie qui menaçait de se propager. "Il y a des arrêts qui sont plus importants que d'autres, Ceux-là, ils le sont vraiment parce que ça nous permet de rester dans le match. On aurait peut-être pris l'eau sinon." Et s'il a fini par céder devant Milito à un quart d'heure de la fin, un but sur lequel il ne pouvait absolument rien, il a tout de même constamment sécurisé son équipe. "Steve a été grand ce soir. Sans lui, on ne passait pas et c'est d'autant plus dur de savoir qu'il ne sera pas là au prochain match", ajoute Deschamps.

D'autant plus dur à avaler que l'intéressé a le sentiment d'avoir été victime d'une injustice. "C’est surtout le premier carton qui me fait mal car il n'est pas justifié, juge Mandanda. L’arbitre derrière le but me demande d’aller chercher le ballon qui se trouvait au-dessus du filet. Je le fais, et là, l'arbitre principal vient me voir et me colle un jaune." Ce carton aurait pu rester anecdotique, dans la mesure où le gardien international n'était pas sous la menace d'une suspension. Mais une petite demi-heure plus tard, il a eu des conséquences fâcheuses lorsque Mandanda a concédé ce penalty. "Là, il n'y a rien à dire, je ne conteste pas. Mais ça aurait dû faire jaune, pas rouge." "Il sait qu'il va prendre au moins un match. On espère tous qu'il n'en prendra qu'un", note Deschamps. Mandanda, héros heureux et malheureux d'une folle soirée, l'espère aussi.

Ecrit par le journaliste Laurent VERGNE, EUROSPORT.

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