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23/03/2011

QUE DEVIENS-TU, MANUEL AMOROS ?

Une chouette idée dénichée chez FOOTBALL 365, qui propose de nous donner des news d'anciens joueurs de foot...Et cette semaine, honneur à un Gardois, né à Nîmes mais formé à LUNEL: L'IMMENSE MANUEL AMOROS.

Football365 prend des nouvelles chaque mardi d'un ancien joueur de L1 retiré des terrains. Invité du « Que deviens-tu » cette semaine : Manuel Amoros, l'un des palmarès les plus fournis du football français.  

Manuel Amoros, vous avez pris la tête de la sélection des Comores en juillet 2010. Où en êtes-vous ?
J'ai arrêté les Comores. Ça a été très court. Au début, il y avait un projet qui était sympa. Le problème, c'est que le championnat n'est pas encore très développé. La Fédération est jeune puisqu'elle a été créée en 2005. Le président me demandait d'utiliser beaucoup de joueurs de là-bas. Malheureusement, ils n'ont pas encore l'expérience des joueurs qui sont en France.

Que faites-vous aujourd'hui ?

Je suis consultant à OM TV depuis l'année dernière. J'ai deux émissions : une qui s'appelle « ForOM » le lendemain des matchs et une autre qui s'appelle « Les Experts », où je suis en tête à tête avec Didier Deschamps pendant une vingtaine de minutes.

Vous avez mis fin à votre carrière en 1996. Qu'avez-vous fait depuis ?

Je me suis fait opérer de la hanche avant de faire de la rééducation pendant un an. J'ai un peu joué au football du côté de Salon de Provence. J'ai été consultant sur Canal+. J'ai aussi entraîné à Saint-Rémy de Provence, en Tunisie et au Koweït.

Vous avez connu une carrière très riche en étant l'un des footballeurs français le plus titrés. Avez-vous eu du mal à vivre l'arrêt de votre carrière ?

Non. Je me suis arrêté sur une blessure à cause de la hanche. Si je n'avais pas eu ça, j'aurais continué à jouer. C'était une nécessité de me faire opérer et de mettre un terme à ma carrière. Quand on arrête, on est un peu soulagé parce qu'on en a un peu marre de partir en stage et de ce train-train quotidien. Mais après, ça manque. On se dit qu'on aurait bien continué une année ou deux. Mais une fois qu'on est à la retraite, il faut passer à autre chose.

« Monaco reste mon club de cœur »


Retenez-vous un souvenir particulier de votre longue carrière ?
Le premier souvenir qui me vient, c'est mon premier contrat professionnel à Monaco. Le rêve de tous les joueurs au centre de formation était de passer professionnel. Quand Jean-Louis Campora (le président de Monaco) me l'a proposé, ça a été le plus beau jour de ma vie. Après, j'étais content d'être titulaire en club, ce qui m'a permis d'être sélectionné et de disputer des Coupes du Monde et des Championnats d'Europe. Ce qui est le summum.

Vous avez remporté de nombreux titres. Quel est le plus beau ?

C'est toujours le premier en 1982. J'étais au service militaire et normalement dans ce cas-là, c'est une année creuse. Moi, ça a été le contraire : elle a été pleine. Je commençais à jouer régulièrement en club, à jouer en équipe de France et j'ai disputé la Coupe du Monde. En plus, j'ai été champion de France. Je ne pouvais pas entrer dans le monde professionnel dans de meilleures conditions.

Monaco restera comme un club à part pour vous…

C'est mon club de cœur. Après, le passage à Marseille s'est fait dans une ambiance différente avec des titres de champions de France et une Coupe d'Europe. Il y avait une ambiance extraordinaire. Mais Monaco restera mon club de cœur.

A Marseille, vous avez disputé la finale perdue de Ligue des Champions en 1991 mais pas celle remportée en 1993. Quel souvenir conservez-vous de ce titre ?

C'était quelque chose de remarquable. A l'époque, il n'y avait que Saint-Étienne qui était arrivé à ce niveau-là. Ce sont des moments extraordinaires dans la carrière d'un footballeur. Une finale de Coupe d'Europe, c'est très difficile à atteindre. En 1991, on était favori et c'est dommage qu'on n'ait pas pu l'accrocher à notre palmarès. En 1993, comme tout joueur professionnel, j'avais envie de jouer. Mais il y a les choix de l'entraîneur qui fait son équipe et la forme des uns et des autres. Plein d'éléments entrent en compte.

« En 1982, on méritait mieux »


Vous avez aussi fait un remarquable parcours en équipe de France en étant longtemps le joueur le plus capé (82 sélections). Vivez-vous cette longévité comme une fierté ?
Les records sont faits pour être battus. Moi, j'ai battu celui de Maxime Bossis (76) et après, Didier Deschamps (103) m'a battu. Ce ne sont pas des choses auxquelles je m'attache. Le plus important, c'est de rester au haut-niveau. Je suis resté dix ans en équipe de France et c'est long. Ça veut dire que j'étais performant en club et en sélection. De ce point de vue-là, c'est une satisfaction. Certains courent après les records mais moi non.

Vous avez remporté l'Euro 1984. Mais gardez-vous un sentiment d'inachevé avec cette équipe de France qui a été l'une des plus talentueuses ?

On a été très frustré. En 1982, on méritait mieux et au moins la finale. Quand on mène 3-1 à 20 minutes de la fin face à la RFA, on ne doit pas se faire remonter. C'était à cause de l'inexpérience de tout le monde : les joueurs, le staff… Jouer à ce niveau-là, ce n'était pas évident. Ça reste un regret de ne pas avoir joué la finale de Coupe du Monde.

Avez-vous d'autres regrets ?

Non, pas du tout. Des déceptions, oui. Si je devais le refaire, je referais pareil. Je pense que beaucoup de gens aimeraient avoir une carrière aussi pleine que la mienne. Beaucoup de gamins auraient aimé être à ma place et jouer une Coupe du Monde à 20 ans.

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